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Album du siècle du mois : In a Silent Way

Album du siècle du mois : In a Silent Way

Album du siècle du mois : In a Silent Way

In a Silent Way - Miles Davis

A Shhh / Peaceful ( Miles Davis) (18:19)
B1 In A Silent Way (Joe Zawinul )
B2 It's About That Time ( Miles Davis ) (19:53)


Bass – Dave Holland
Drums – Tony Williams
Electric Piano – Chick Corea, Herbie Hancock
Guitar – John McLaughlin
Organ, Piano [Electric] – Josef Zawinul
Tenor Saxophone – Wayne Shorter
Trumpet – Miles Davis

« John McLaughlin n'est guère rassuré lorsque est abordé en studio In A Silent Way, de Joe Zawinul. Miles trouve le morceau trop chargé et décide de tout jouer sur un accord pédale de mi majeur en confiant le premier exposé à la guitare. Il glisse à John McLaughlin : Joue-le comme si tu ne savais pas jouer. Tremblant de peur, observant Miles qui l'encourage du regard, le guitariste plaque alors le premier accord qu'apprend à jouer tout débutant, un mi majeur en première position avec cordes à vide. Partant de cet arpège, il égrène prudemment les notes de la mélodie, sans savoir que les bandes tournent déjà. Ainsi naquit l'ouverture rubato de In A Silent Way, frissonnante d'innocence et de dépouillement. »

Franck Bergerot, Miles Davis, Introduction au jazz moderne, Seuil, 1996.

L’année 1968 sera importante pour Miles Davis. Pour sa vie familiale et professionnelle. C’est l’année des rencontres, celle de Betty Marbry (pochette de Filles de Kilimanjaro) qui deviendra Mme Davis et qui lui fera rencontrer Sly Stone et Jimi Hendrix. Ce qui ne sera pas sans incidences sur la mutation électrique de la musique de Miles.

Les musiciens qui le côtoient se renouvellent aussi, Miles est au centre de nombreuses rencontres qui seront le creuset d’un bouillonnement fécond de création. Les orchestres jouant lors des concerts et en studio sont différents. Le travail même en studio se transforme et peut faire penser à ce que fait déjà depuis longtemps Sun Ra, en jouant tout en laissant tourner les bandes d’enregistrement, et en assemblant ensuite des séquences sous forme de montages, donnant ainsi naissance à une musique qui en réalité n’a jamais été jouée sous sa forme enregistrée. Le rôle du producteur Téo Macéro devient prépondérant et son influence artistique grandit, c’est de sa complicité avec Miles, lors des nuits passées à mixer, que naîtra le « son ».

In a Silent Way a désormais plus de quarante ans d’âge et ce sont de jeunes musiciens assez peu connus qui alors, entourent Miles Davis. Le quintet qui jusqu’alors a accompagné Miles, jette ses derniers feux. Ron Carter, réfractaire au jeu électrique laisse la place à Dave Holland. Herbie Hancock laissera bientôt la place à Chick Corea et, un peu plus tard, Tony Williams à Jack de Johnette. Seul restera Wayne Shorter… Au gré des arrivées, des tournées et des départs, le groupe réuni ce 18 février a fière allure. On Remarque l’omniprésence des claviers et l’une des premières apparitions du piano électrique Fender Rhodes qui a lui seul, symbolise la couleur de ce qui sera appelé « la fusion » ou le « Jazz rock ».

Cet album marque les débuts de John McLaughlin aux côtés d’un jazzman de renom, venu du rock il apportera cette apport neuf et virtuose qui plaira tant à Miles. Souvent on symbolise cette couleur musicale par l’album Bitches Brew. C’est un raccourci un peu malheureux qui ne rend pas justice à In a Silent Way qui lui est antérieur et qui représente assez bien ce qui pourrait être le revers de Bitches Brew, son autre face, son complémentaire paisible et aérien. Il ne lui cède en rien en qualité et revêt même un caractère historique que ne peut revendiquer son successeur.

In a Silent way est un album « cool ». Il porte en lui l’héritage et la novation, mais c’est aussi un album-somme, la sonorité de Miles n’a pas tant que ça changé, son phrasé est toujours aussi subtil et sa sonorité toujours aussi pure, sans vibrato. La couleur de l’album représente une pure magie de légèreté, comme constitué de bulles d’air, s’affranchissant des lois de la physique : tout est atmosphère, éther et évanescence… En une année la musique de Miles a mué par petites touches et de lentes avancées graduelles au bout desquelles une nouvelle musique est née, jamais entendue et d’une grande beauté fragile. Zappa, venu du rock lui répondra un peu plus tard avec « Hot Rats » !

Un album historique et fondateur, incontournable.


novembre 2013, écrit par cush

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Commentaires

Non Connecté alan06200
Posté le 04/12/13 à 19:21
Tout a fait ....et l'on retrouve:
il travaille avec plusieurs pointures du jazz international comme Jack DeJohnette, Dave Holland, Reggie Workman, Rufus Reid, Lester Bowie, David Murray, Gary Peacock, Jan Garbarek, Stu Martin, Jean-François Jenny-Clark, Eddie Gomez, John Surman et Chico Freeman

lien vers son site officiel



Non Connecté souche
Posté le 04/12/13 à 19:06
Belle chronique

Toujours agréable de lire ce genre de chronique merci



Non Connecté cush
Posté le 04/12/13 à 18:57
Je ne connais pas du tout ce musicien, mais je l'écoute en tapant sur le clavier et il me vient à l'idée que cet album est assez typique des productions ECM dont on parlait il y a peu sur un autre post. Atmosphère lunaire, clean, le son est nickel, propre et pur, chaque instrument est clairement identifiable, même mieux, tous les instruments sont à égalité, aucun ne prend vraiment le pas, ça coïncide également avec "le style" ECM où la batterie se fait musicale elle n'est pas seulement cantonnée à un rôle rythmique, elle a gagné son rôle de coloriste et de soliste, au même titre que la basse ou le piano.
On sent aussi le danger qui guette une telle musique qui risque à tous moments de se figer dans une certaine froideur...
Pour en revenir à Miles Davis je ne sais pas s'il aurait reconnu à contre-coeur le talent de Tomasz Stanko, mais il est certain que tomasz a beaucoup écouté Miles et qu'il a beaucoup influé sur son style.



Non Connecté alan06200
Posté le 04/12/13 à 17:24
Que pensez vous du fantôme de M. Davis (selon M Connelly dans le roman "les Neufs Dragons" ? Un son clair et soul. M Davis même, aurait reconnu, mais à contre coeur de talent le Tomasz Stanko :





Non Connecté majunga
Posté le 30/11/13 à 18:57
Super critique qui ma permit de faire une belle découverte



Non Connecté cush
Posté le 23/11/13 à 10:32
Rassurez-vous, je n'en veux pas à votre porte-monnaie
Miles Davis est incontestablement le père du Jazz-Rock, un genre où il a enregistré les plus belles pièces et a été rarement égalé.
Pour mémoire, voici les Miles de la période électrique elle débute en 1969 et s'achève en 1975, année où Miles se tait, revenant plus tard avec des albums à visée plus commerciale.

1969: "In a silent Way" et “Bitches Brew
1970: "Miles Davis at Fillmore West: Black Beauty”, “Jack Johnson”, "Miles Davis at Fillmore East: At Fillmore” et “Live Evil “.
1972: “In Concert” , “On the corner” et “Big Fun
1973: “ Isle of Wight
1974: “Get up with it” et “Dark Magus
1975: “Agartha” et “Pangaea

En fait "Big Fun" est une compile d'inédits sur plusieurs années ainsi que “Circle in the Round” et “Directions” que l'on peut ajouter pour être assez complet en discographie vinyle. Il existe de nombreux compléments sur CD avec des sessions d'enregistrement complètes.
"Jack Johnson" est le plus rock. "Bitches Brew" le plus vendu et le plus médiatique.
Tous sont bons: "In Concert", "On the corner" et "Live Evil" (en partie en studio) sont souvent cités.



Non Connecté sudiste45
Posté le 22/11/13 à 21:12
écoute Cush, faut que t’arrêtes tes chroniques de disques. CA va devenir très rude pour le porte monnaie. Encore une fois bravo



Non Connecté discobulle
Posté le 19/11/13 à 18:15
encore une super chronique bravo et merci . le seul problème, c'est que j'ai envie d'avoir tous les albums dont tu parle ( ça tombe bien j'ai une très mauvaise connaissance du jazz).
vivement la prochaine.



Non Connecté pacaux
Posté le 18/11/13 à 23:19
Super article Cush

Merci



Non Connecté petrouchka
Posté le 18/11/13 à 08:52

Super article!
Grand bonhomme ce Miles
Je l'écoute de temps en temps, et c'est étrange je l'associe souvent à Coltrane.
Je n'ai pas cet album en galette...faudrait que je me penche sur la question...

Merci Cush



Non Connecté lolivejazz
Posté le 17/11/13 à 19:33
L'extraordinaire créativité de Miles magnifiée par le travail de postproduction de Teo Macero qui, à partir de fragments différents, coupe, colle et ré-agence (dans un climat pas tout le temps très serein) :
Résultat : "In a silent way" "Bitches Brew" "A tribute to Jack Johnson"
Rien que ça
Merci pour cette chronique instructive !



Non Connecté scoubi
Posté le 17/11/13 à 19:10
Belle chronique sur le premier album jazz fusion de l'histoire, moins connu que biches brew, mais aussi efficace, sinon plus à mon goût.



Non Connecté floyd71
Posté le 17/11/13 à 19:09
Encore un qu'il va falloir trouver maintenant
La lecture de tes chroniques va finir par épuiser mon porte-monnaie

Bravo , vivement decembre



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